Le fumier de cheval au potager s’emploie composté, à raison de 2 à 3 kg par mètre carré et par an, épandu à l’automne ou en fin d’hiver. Frais, il brûle les racines et sème des mauvaises herbes : il doit d’abord mûrir en tas pendant six mois à un an. Voici les quantités par culture, les périodes et les précautions à prendre.
Ce qu’apporte le fumier de cheval
Un fumier de cheval pailleux contient environ 0,6 % d’azote, 0,3 % de phosphore et 0,6 % de potasse. C’est peu : dix fois moins qu’un engrais organique en granulés. Sa valeur est ailleurs. Il apporte de l’humus, qui allège les terres lourdes, donne du corps aux terres sableuses et retient l’eau. Ses éléments nutritifs se libèrent sur deux à trois ans.
On le dit « chaud » : riche en paille et assez sec, il fermente vite et monte en température. Il convient bien aux terres lourdes et froides, et sert à monter les couches chaudes pour les semis précoces. Le fumier de vache, plus humide et plus lent, convient mieux aux terres légères. Les fumiers de volaille sont d’une autre nature, beaucoup plus concentrés : voyez la fiente de poule comme engrais. Notre article pour améliorer un sol argileux détaille le rôle de ces apports.
La litière compte autant que le crottin. Un fumier sur paille se composte en six mois. Un fumier sur copeaux ou sur sciure demande un an au moins : le bois, très pauvre en azote, se décompose lentement.
Quelle quantité de fumier de cheval au m² ?
Les quantités ci-dessous concernent un fumier composté, brun, friable et sans odeur forte.
| Cultures | Fumier composté | Remarque |
|---|---|---|
| Légumes gourmands : tomates, courges, courgettes, choux, poireaux, pommes de terre | 3 à 4 kg par m² | À incorporer avant la plantation |
| Légumes moyennement exigeants : salades, épinards, betteraves, céleris | 1 à 2 kg par m² | Ou planche fumée l’année précédente |
| Légumes sobres : ail, oignon, échalote, carottes, radis, pois, haricots | Aucun apport direct | Ils suivent une culture fumée l’année d’avant |
| Petits fruits, rosiers, arbustes | 2 à 3 kg par m² | En couronne, sans toucher le collet |
Sans balance, comptez qu’un seau de 10 litres de fumier composté pèse 5 à 6 kg environ. Une dose de 3 kg par mètre carré représente donc un demi-seau, soit une couche d’un demi-centimètre environ une fois étalée.
Inutile d’en mettre plus. Un excès de fumier donne des légumes tout en feuilles, des carottes fourchues et des nitrates dans les salades. La rotation fait le reste : les légumes gourmands reçoivent le fumier, les légumes sobres passent l’année suivante sur la même planche.
Quand mettre le fumier de cheval au potager
- À l’automne, pour un fumier jeune ou à moitié décomposé. Étalez-le sur les planches libérées et laissez l’hiver travailler. Au printemps, il suffit de griffer.
- En fin d’hiver, deux à quatre semaines avant les plantations, pour un fumier bien composté.
- Jamais en profondeur. Le fumier se décompose avec de l’air. Mêlez-le aux dix premiers centimètres, ou laissez-le en surface sous un paillage.
Fumier frais ou composté : les précautions
Le fumier frais pose quatre problèmes :
- Il brûle. L’ammoniac qu’il dégage abîme les racines et les jeunes plants.
- Il sème des mauvaises herbes. Le cheval digère mal les graines, qui ressortent intactes. Seul un compostage chaud les détruit.
- Il peut porter des germes. Pour les légumes mangés crus, n’utilisez que du fumier composté, apporté plusieurs mois avant la récolte.
- Il peut contenir des résidus. Certains désherbants de prairie persistent dans le foin, puis dans le fumier. Ils déforment les tomates, les haricots et les pommes de terre. Demandez à l’éleveur comment ses prés et son foin sont traités.
Pour le composter, montez un tas d’un mètre cube au moins, humide comme une éponge essorée. Retournez-le une ou deux fois. Il est prêt quand il est brun foncé, qu’il s’émiette et qu’il sent le sous-bois. Les principes sont les mêmes que pour le compost de jardin. Pour de petites quantités de crottin, les vers font le même travail : voyez l’utilisation du lombricompost.
En cas de doute sur un fumier inconnu, faites un essai. Semez quelques haricots dans un pot rempli de terre mêlée de ce fumier. Si les premières feuilles sortent enroulées ou déformées, ne l’épandez pas au potager.
Sans cheval dans le voisinage : le fumier en sac
Les fumiers du commerce sont compostés ou séchés, sans graines ni odeur. Leurs doses n’ont rien à voir avec celles du fumier en vrac : suivez la fiche de chaque produit.
- Le fumier de bovin séché, à 50 % de matière organique, est concentré par le séchage. Sa fiche indique 250 g par mètre carré pour les légumes feuilles et 250 à 500 g pour les légumes racines et les légumes fruits.
- Le fumier de mouton composté, mûri douze mois, s’emploie comme un fumier de ferme : 2 à 3 kg par mètre carré, de préférence à l’automne sur les planches libres.
En résumé
Apportez 2 à 3 kg de fumier de cheval composté par mètre carré, jusqu’à 4 kg pour les légumes gourmands, à l’automne ou en fin d’hiver. Laissez mûrir le fumier frais six mois à un an et vérifiez son origine. Le fumier nourrit surtout le sol : pour le replacer parmi les autres apports, consultez notre guide pour choisir un engrais naturel et notre guide de la fumure organique.
Questions fréquentes
Prenez celui que vous trouvez près de chez vous, bien composté. Leurs teneurs sont proches. Le fumier de cheval, plus sec et plus pailleux, réchauffe et allège les terres lourdes. Le fumier de vache, plus humide et plus compact, convient mieux aux terres légères, qui sèchent vite.
Non, pas sur une planche que vous allez cultiver dans les semaines qui suivent. Le fumier frais brûle les jeunes racines et apporte des graines de mauvaises herbes. Au printemps, mettez-le en tas pour l’automne suivant. Seule exception : la couche chaude, où il est enfoui sous quinze à vingt centimètres de terreau pour chauffer des semis.
Dans une terre déjà fertile, un apport régulier de fumier composté couvre l’essentiel des besoins. Dans une terre pauvre ou pour des légumes très gourmands, il manque de concentration. Complétez alors avec un engrais organique en cours de culture. Le fumier entretient le sol, l’engrais répond au besoin immédiat de la plante.
Composté et sain, non : les tomates l’apprécient. Le risque vient des fumiers contenant des résidus de désherbants de prairie, qui passent du foin au crottin. Les feuilles de tomate s’enroulent et se déforment en quelques semaines. Renseignez-vous sur l’origine du fumier, et faites l’essai des haricots en pot avant de l’épandre.
Le crottin ramassé au pré, sans litière, est plus riche et plus compact que le fumier. Mélangez-le à des matières sèches, comme des feuilles mortes, de la paille ou du broyat, à raison d’un volume de crottin pour un à deux volumes de matière sèche. Compostez le tout six mois.

