La fiente de poule est un engrais naturel deux à trois fois plus concentré que le fumier de cheval, riche en azote et en phosphore. Cette force est aussi son défaut : fraîche, elle brûle les plantes. Elle s’emploie compostée avec la litière, ou séchée et à très petite dose. Voici comment faire.
Fiente de poule : un engrais riche en azote et en phosphore
Les volailles rejettent ensemble urine et excréments. Leurs fientes contiennent donc tout l’azote que les autres animaux perdent dans les urines. Fraîches, elles titrent environ 1,5 % d’azote et autant de phosphore, avec un peu moins de potasse. Séchées, elles approchent 4 % d’azote. Elles apportent aussi du calcium.
À poids égal, la fiente de poule nourrit donc beaucoup plus que le fumier de cheval, mais elle apporte moins d’humus. C’est un engrais plus qu’un amendement. Les quantités et l’usage du fumier classique sont décrits dans fumier de cheval au potager.
Comment l’utiliser sans brûler les plantes
Compostée avec la litière, la meilleure méthode
La litière du poulailler (paille, copeaux, chanvre) souillée de fientes forme un bon mélange de départ. Mettez-la en tas, ou ajoutez-la par couches au compost du jardin, avec des feuilles mortes ou du broyat si elle est très chargée. Laissez mûrir six mois au moins. Les règles sont celles de tout compost : de l’air, de l’humidité, un mélange de matières.
Ce compost de poulailler s’épand en fin d’hiver, à raison de 0,5 à 1 kg par mètre carré, griffé dans les premiers centimètres du sol.
Séchée, à la poignée
Les fientes pures, ramassées sous les perchoirs et séchées, s’utilisent comme un engrais concentré. Comptez une petite poignée par mètre carré, soit 50 à 100 g, émiettée et griffée deux à trois semaines avant la plantation. Ne dépassez pas cette dose.
Fraîche : seulement à l’automne, sur sol nu
La fiente fraîche ne s’emploie jamais sur une culture en place. À la rigueur, étalez-la en couche très fine à l’automne sur une planche libre, qui ne sera plantée qu’au printemps.
| Forme | Dose | Quand |
|---|---|---|
| Compost de poulailler (fientes et litière, 6 mois) | 0,5 à 1 kg par m² | Fin d’hiver |
| Fientes séchées pures | 50 à 100 g par m² | Deux à trois semaines avant la plantation |
| Fientes fraîches | Couche très fine, sur sol nu | Automne uniquement |
Pour quelles cultures
Réservez-la aux légumes gourmands : courges, courgettes, choux, poireaux, tomates, pommes de terre, maïs. Les arbres fruitiers et les petits fruits l’acceptent compostée, en fin d’hiver.
Évitez-la pour l’ail, l’oignon, l’échalote, les carottes et les légumes secs, qui demandent peu d’azote. Évitez-la aussi au pied des plantes de terre acide : le calcium des fientes ne leur convient pas.
Les précautions à prendre
- Le risque de brûlure. L’azote des fientes se transforme vite en ammoniac. Sur des racines ou de jeunes feuilles, les dégâts apparaissent en quelques jours.
- L’hygiène. Les fientes peuvent porter des germes, dont des salmonelles. Portez des gants et lavez-vous les mains. Pour les légumes mangés crus, n’utilisez que des fientes compostées plusieurs mois.
- L’excès. Apportée chaque année à forte dose, la fiente enrichit trop le sol en phosphore et en azote. Alternez avec du compost ordinaire.
Sans poulailler : les fumiers en sac
Si vous cherchez un amendement prêt à l’emploi, sans odeur ni compostage, deux produits en sac remplissent ce rôle. Le fumier de bovin séché s’apporte à 250 à 500 g par mètre carré pour les légumes fruits. Le fumier de mouton composté s’épand à 2 à 3 kg par mètre carré. Les autres engrais naturels sont comparés dans notre guide pour choisir un engrais naturel, et les principes généraux dans notre guide de la fumure organique.
Questions fréquentes
Pas sur des légumes en place. Fraîche, elle brûle les racines et peut contaminer les légumes mangés crus. Vous pouvez l’étaler en couche très fine à l’automne sur une planche vide, qui ne sera cultivée qu’au printemps suivant. Dans tous les autres cas, compostez-la d’abord avec la litière, six mois au moins.
Comptez six mois au minimum, et jusqu’à un an si la litière est faite de copeaux de bois, plus lents à se décomposer. Le compost est prêt quand il est brun, friable et qu’il ne sent plus l’ammoniac. Un tas retourné une ou deux fois, et maintenu humide, mûrit plus vite et plus régulièrement.
Oui, compostée et apportée avant la plantation, à raison de 0,5 à 1 kg par mètre carré. Elle couvre bien les besoins en azote et en phosphore du début de culture. Elle contient moins de potasse, dont la tomate a besoin pour ses fruits : complétez en cours de saison avec un apport riche en potasse.

