Le mildiou de la tomate se reconnaît à des taches brunes irrégulières sur les feuilles, un duvet blanc au revers par temps humide et des fruits marbrés de brun. Il n’existe pas de remède une fois la plante envahie : la lutte repose sur la prévention, en gardant le feuillage sec, et sur un traitement au cuivre appliqué avant les périodes pluvieuses.
Qu’est-ce que le mildiou de la tomate ?
Le mildiou est causé par Phytophthora infestans, un oomycète proche des algues plus que des champignons. C’est le même agent qui attaque la pomme de terre. Ses spores voyagent avec le vent et les éclaboussures de pluie, et germent sur un feuillage mouillé. Pour une présentation générale de la maladie sur les autres cultures, consultez notre fiche sur le mildiou.
Les symptômes du mildiou sur tomate
- Sur les feuilles : taches brun olive, irrégulières, souvent bordées d’un halo plus clair. Par temps humide, un fin duvet blanc apparaît au revers. Les feuilles sèchent en quelques jours.
- Sur les tiges : plages brunes à noires qui encerclent la tige ; la partie supérieure flétrit.
- Sur les fruits : marbrures brunes, dures, d’aspect huileux, souvent sur la moitié supérieure du fruit, vert ou mûr.
Ne pas confondre avec…
| Trouble | Ce qui le distingue du mildiou |
|---|---|
| Alternariose | Taches à cercles concentriques, en cible, qui débutent sur les vieilles feuilles du bas ; progression plus lente, même par temps sec. Voir notre fiche alternariose. |
| Cul noir | Tache noire, sèche et déprimée à l’extrémité du fruit (côté opposé à la tige) ; le feuillage reste sain. Ce n’est pas une maladie mais un trouble lié au calcium, expliqué dans notre article cul noir de la tomate. |
| Botrytis (pourriture grise) | Feutrage gris sur les tiges, les fleurs et les fruits blessés, surtout sous abri mal aéré. Voir notre fiche botrytis. |
Les conditions qui déclenchent le mildiou
Le mildiou a besoin de deux choses : de l’eau libre sur les feuilles pendant une dizaine d’heures et des températures douces, entre 10 et 25 °C. Les nuits humides suivies de journées tièdes, les étés pluvieux et les rosées abondantes de fin de saison sont les périodes à risque. Après une contamination, les symptômes apparaissent en trois à sept jours, puis la maladie peut détruire une rangée en une semaine.
Prévenir le mildiou : les gestes qui font la différence
- Abriter les tomates de la pluie : un simple toit transparent au-dessus des rangs, ouvert sur les côtés, est la mesure la plus efficace. Sous abri, veillez à bien aérer.
- Arroser au pied, le matin : jamais sur le feuillage, et de préférence tôt pour que la surface du sol sèche dans la journée.
- Espacer les plants de 60 à 80 cm pour que l’air circule.
- Supprimer les feuilles du bas jusqu’au premier bouquet, pour qu’aucune ne touche le sol.
- Pailler le sol : un paillis de lin ou de paille limite les éclaboussures de terre sur les feuilles basses.
- Éloigner les pommes de terre, qui hébergent la même maladie, et ne pas replanter de solanacées au même endroit avant trois ou quatre ans.
- Choisir des variétés tolérantes si votre jardin est régulièrement touché : plusieurs obtentions récentes résistent nettement mieux.
Traiter le mildiou de la tomate
Le cuivre, en préventif uniquement
Le cuivre empêche les spores de germer, mais ne guérit pas les tissus déjà atteints. Il s’applique donc avant les périodes à risque, puis se renouvelle tous les 10 à 15 jours, et après une pluie de plus de 20 mm qui lessive le dépôt. Au jardin, utilisez une bouillie bordelaise du commerce portant la mention « emploi autorisé dans les jardins », et respectez la limite réglementaire de 4 kg de cuivre par hectare et par an, soit 0,4 g/m². Doses, calendrier et précautions sont détaillés dans notre article sur la bouillie bordelaise sur les tomates. Un pulvérisateur à gâchette suffit pour quelques pieds.
Les préparations de plantes
La décoction de prêle, riche en silice, est employée en préventif pour renforcer le feuillage. Son efficacité est modeste et variable : considérez-la comme un complément de la prévention, pas comme un traitement.
Si le mildiou est déjà là
Coupez immédiatement les feuilles et les tiges atteintes, avec un outil désinfecté entre chaque pied, et jetez-les avec les ordures ménagères, jamais au compost. Récoltez les fruits sains, même verts : ils mûriront à l’intérieur, à température ambiante. Un pied envahi jusqu’à la tête ne se récupère pas ; arrachez-le pour protéger les autres.
En résumé
Le mildiou de la tomate se combat avant son arrivée : un feuillage qui reste sec, des plants aérés, un sol paillé, et un cuivre préventif lors des épisodes pluvieux. Pour replacer ces gestes dans le calendrier de culture, retrouvez notre guide complet de la culture de la tomate.
Questions fréquentes
Le mildiou n’est pas toxique pour l’homme, mais les parties atteintes sont dures, amères et pourrissent vite. Consommez les fruits sains d’un pied malade, en retirant largement toute zone brune. Les fruits marbrés ne se conservent pas et ne mûrissent pas correctement : mieux vaut les jeter avec les ordures ménagères.
Il se conserve surtout dans les débris de plantes malades et les tubercules de pomme de terre oubliés en terre, beaucoup moins dans le sol lui-même. Ramassez tous les résidus en fin de saison, ne les compostez pas, et évitez de replanter tomates et pommes de terre au même endroit pendant trois à quatre ans.
Oui. Les feuilles basses sont les premières mouillées par les éclaboussures de pluie et d’arrosage, qui transportent les spores depuis le sol. Supprimez-les progressivement jusqu’au premier bouquet de fruits, par temps sec, avec un outil propre. Le plant garde assez de feuillage au-dessus pour nourrir ses fruits.
Son effet est surtout connu contre l’oïdium, une autre maladie du feuillage. Sur le mildiou de la tomate, il est peu efficace et ne remplace ni la prévention ni un traitement au cuivre. Utilisé trop concentré, il peut en outre brûler les feuilles et saler le sol.

