La bouillie bordelaise protège les tomates du mildiou à condition d’être appliquée avant la maladie, juste avant une période pluvieuse, puis renouvelée après une forte pluie. Comme le cuivre s’accumule dans le sol, les traitements doivent rester peu nombreux : trois ou quatre bien placés valent mieux qu’une pulvérisation systématique tous les dix jours.
Comment agit la bouillie bordelaise sur la tomate
Mélange de sulfate de cuivre et de chaux éteinte, la bouillie forme sur le feuillage un dépôt bleuté. Le cuivre libéré au contact de l’eau empêche les spores du mildiou de germer. Elle n’a aucun effet sur les taches déjà installées : c’est un traitement préventif. Pour reconnaître la maladie et les autres moyens de la prévenir, consultez notre article sur le mildiou de la tomate.
Quand traiter les tomates à la bouillie bordelaise
- Premier traitement : quand la météo annonce plusieurs jours humides et doux (nuits au-dessus de 10 °C), souvent à partir de juin. Inutile de traiter par temps sec et chaud : le mildiou ne se développe pas.
- Avant la pluie, pas après : appliquez la bouillie sur un feuillage sec, au moins quelques heures avant l’averse, pour que le dépôt ait le temps de sécher et d’adhérer.
- Renouvellement : après une pluie de plus de 20 mm, qui lessive le dépôt, ou au bout de 10 à 15 jours si la période humide se prolonge.
- Moment de la journée : le matin ou en fin de journée, jamais en plein soleil ni au-dessus de 25 °C, pour éviter les brûlures.
Dosage de la bouillie bordelaise pour les tomates
La recette et le mode de préparation sont détaillés dans notre article sur la fabrication de la bouillie bordelaise, à partir de sulfate de cuivre et de chaux éteinte. Pour la tomate, ce qui compte est la quantité de cuivre réellement apportée :
| Sulfate de cuivre par litre de bouillie | Cuivre métal par litre | Cuivre apporté à 1 litre pour 10 m² |
|---|---|---|
| 10 g (bouillie à 1 %) | 2,5 g | 0,25 g/m² |
| 20 g (bouillie à 2 %) | 5 g | 0,5 g/m² |
La réglementation européenne limite le cuivre à 28 kg par hectare sur sept ans, soit 4 kg par hectare et par an en moyenne, c’est-à-dire 0,4 g/m². Sur tomate, une bouillie à 1 % pulvérisée finement, juste assez pour humecter le feuillage, suffit et permet d’espacer les apports. Un pulvérisateur à gâchette donne une pulvérisation fine sur quelques pieds.
Précautions d’emploi
- Portez des gants et des lunettes : le sulfate de cuivre est irritant pour la peau et les yeux.
- Visez le feuillage, dessus et dessous des feuilles, et évitez de ruisseler sur le sol.
- Respectez un délai de plusieurs jours entre le dernier traitement et la récolte, et lavez les fruits avant de les consommer.
- Ne traitez pas les jeunes plants juste repiqués : leur feuillage tendre brûle plus facilement.
Questions fréquentes
Avant. La bouillie doit sécher sur un feuillage sec pour adhérer : appliquée juste avant une période humide, elle protège les feuilles au moment où les spores germent. Appliquée après la pluie, sur des feuilles mouillées, elle coule et se dilue. Renouvelez simplement après une averse de plus de 20 mm, qui lessive le dépôt.
Le moins possible, en ciblant les périodes à risque : trois ou quatre traitements à faible dose couvrent la plupart des étés. Au-delà, vous dépassez vite la limite annuelle de cuivre, qui s’accumule dans le sol et nuit aux vers de terre. Les étés secs, un seul traitement, voire aucun, suffit.
Non. Elle protège les parties saines en empêchant les spores de germer, mais ne soigne pas les feuilles et les fruits déjà touchés. Retirez d’abord toutes les parties atteintes, puis traitez le reste du plant pour freiner la propagation. Un pied envahi jusqu’au sommet ne se récupère pas.
Pour les autres étapes de culture, retrouvez notre guide complet de la culture de la tomate.

