Quel terreau pour un bonsaï ? Pas un terreau au sens habituel : un mélange de granulats minéraux, drainant et aéré, à base de roches volcaniques. Le terreau universel garde trop d’eau et asphyxie les racines dans un pot aussi plat. La recette de base associe un granulat qui retient l’eau et les éléments, un qui aère et un qui draine.
Ce qu’un substrat pour bonsaï doit faire
Dans un pot de quelques centimètres de haut, l’eau s’évacue mal. Le substrat doit donc remplir trois fonctions à la fois.
- Retenir l’eau entre deux arrosages, sans rester détrempé.
- Drainer : l’excès d’eau doit s’écouler immédiatement par les trous du pot.
- Laisser passer l’air : les racines respirent, et les micro-organismes qui transforment l’engrais aussi.
Un terreau de feuilles ou de tourbe ne tient pas ces trois promesses. Il se tasse, se gorge d’eau en hiver et devient imperméable quand il sèche. Les granulats minéraux, eux, gardent leur structure pendant des années.
Les composants : zéolithe, pumice, pouzzolane
| Composant | Ce que c’est | Son rôle | À savoir |
|---|---|---|---|
| Zéolithe chabasite | Roche volcanique à structure en nid d’abeille | Retient l’eau (jusqu’à 30 %) et les éléments nutritifs, puis les restitue aux racines | Ne se délite pas, ne colmate pas le substrat, réutilisable après lavage |
| Pumice (pierre ponce) | Roche volcanique très légère, poreuse à 75 % | Aère, allège et retient l’eau | Favorise les radicelles |
| Pouzzolane | Roche volcanique rouge ou grise | Draine, structure le mélange | Retient peu l’eau, arêtes parfois coupantes |
| Matière organique | Lombricompost, écorce compostée | Apporte de la vie et un peu de réserve | En faible proportion seulement |
La zéolithe chabasite est la base du mélange : c’est elle qui garde l’eau et l’engrais à portée des racines. La pumice apporte l’air et la légèreté. La pouzzolane fine assure le drainage. Les trois existent en calibre moyen, de 3 à 7 mm, celui qui convient à la plupart des bonsaïs.
Pourquoi la zéolithe plutôt que l’akadama
Les livres de bonsaï citent souvent l’akadama, une argile japonaise. La zéolithe la remplace avantageusement, pour cinq raisons.
- Elle ne se délite pas. Ses grains gardent leur forme d’un rempotage à l’autre.
- Elle retient bien l’eau, jusqu’à 30 %, sans gonfler ni se tasser.
- Elle retient bien les éléments nutritifs. Sa capacité d’échange, ce pouvoir de fixer l’engrais puis de le rendre aux racines, est élevée.
- Elle ne colmate pas le substrat. Sans poussière d’argile, le drainage reste le même au fil des années.
- Son impact écologique est moindre. Elle est extraite en Europe et n’a pas traversé la moitié du monde pour arriver dans votre pot.
Quel terreau pour bonsaï selon l’arbre : les recettes
| Arbre | Zéolithe | Pumice | Pouzzolane |
|---|---|---|---|
| Feuillus : érable, orme, charme | 2 volumes | 1 volume | 1 volume |
| Conifères : pin, genévrier | 1 volume | 1 volume | 1 volume |
| Olivier, espèces de terrain sec | 1 volume | 1 volume | 2 volumes |
| Bonsaï d’intérieur : ficus, carmona | 2 volumes | 1 volume | 1 volume, plus 10 à 20 % de lombricompost |
Ces proportions sont un point de départ. Si vous arrosez peu souvent, augmentez la part de zéolithe ou ajoutez un peu de matière organique. Sous un climat pluvieux, augmentez la pouzzolane.
Pour les espèces qui apprécient un peu de matière organique, le lombricompost convient mieux qu’un terreau : il est fin, stable et riche en micro-organismes. Ne dépassez pas 20 % du mélange.
Préparer un substrat bonsaï maison
- Tamisez chaque composant pour retirer la poussière, qui colmate le fond du pot. Un tamis à maille de 2 à 3 mm suffit.
- Mesurez les volumes avec un même récipient.
- Mélangez à sec, dans une bassine.
- Gardez les plus gros grains pour le fond du pot, en couche de drainage.
Plus le pot est petit, plus les grains doivent être fins. Pour un arbre de moins de 15 cm, visez 2 à 4 mm. Pour un grand sujet, 5 à 10 mm. Les granulométries disponibles sont réunies au rayon substrats pour bonsaï.
Substrat et arrosage vont ensemble
Un mélange très drainant se rattrape par l’arrosage : il est presque impossible de trop arroser, mais il faut arroser plus souvent. Un mélange plus rétenteur pardonne un oubli, mais expose à l’excès d’eau en hiver. Choisissez d’après le temps que vous pouvez consacrer à l’arbre. La méthode d’arrosage est décrite dans arrosage du bonsaï.
Un substrat minéral ne contient rien de nutritif. L’engrais devient donc indispensable dès la reprise.
En résumé
Oubliez le terreau en sac : mélangez de la zéolithe, de la pumice et de la pouzzolane, tamisés, dans des proportions adaptées à l’arbre et à votre rythme d’arrosage. Le substrat se renouvelle à chaque rempotage, comme l’explique rempoter un bonsaï. Les autres soins figurent dans entretien d’un bonsaï.
Questions fréquentes
C’est déconseillé. Dans un pot plat, un terreau à base de tourbe reste détrempé au fond et finit par asphyxier les racines. Une fois sec, il se rétracte et ne se réhumidifie plus. Beaucoup de bonsaïs du commerce sont vendus dans ce type de terre : c’est une raison de les rempoter au printemps suivant.
Par la zéolithe chabasite. Elle joue le même rôle dans le mélange : retenir l’eau et les éléments nutritifs, puis les rendre aux racines. Elle a en plus l’avantage de ne pas se déliter, donc de ne pas colmater le pot, et de se réutiliser après lavage. Extraite en Europe, elle voyage aussi beaucoup moins que l’argile japonaise.
Le même mélange minéral que pour un feuillu, avec 10 à 20 % de lombricompost. À l’intérieur, l’air est plus sec et l’arrosage souvent moins régulier : cette part organique donne un peu de réserve. Évitez les mélanges tout terreau, qui restent humides trop longtemps dans une pièce peu lumineuse.
En partie. La pouzzolane, la pumice et la zéolithe ne s’usent pas : tamisez-les pour retirer les racines mortes et la poussière, rincez-les et laissez-les sécher au soleil. La part organique, elle, se jette. Ne réutilisez pas le substrat d’un arbre mort de maladie.

