Quel engrais pour la vigne ? Un engrais organique où la potasse domine, apporté au pied du cep au débourrement, puis à la véraison si la récolte est abondante. La vigne est une plante sobre : dans un jardin, elle souffre plus souvent d’un excès d’azote que d’un manque. Voici comment la nourrir sans la pousser.
Les besoins de la vigne : peu d’azote, de la potasse
La vigne s’enracine à plusieurs mètres et se contente de sols pauvres. C’est même là qu’elle donne les meilleurs raisins. Trois éléments méritent l’attention.
- La potasse fait le sucre des baies et l’aoûtement des sarments, ce passage du vert au brun qui les protège du gel.
- Le magnésium entretient le feuillage. Il vient à manquer en sol sableux ou après de forts apports de potasse.
- L’azote règle la vigueur. En excès, la vigne fait du bois et des feuilles, ses fleurs coulent, ses grappes serrées pourrissent et ses sarments mûrissent mal.
Une treille dont les rameaux dépassent deux mètres dans la saison n’a pas besoin d’engrais azoté. Une vigne dont les pousses restent grêles et les feuilles petites en réclame un peu.
Quel engrais pour la vigne, et à quel moment
Notre engrais vigne en granulés, utilisable en agriculture biologique, met la potasse au premier plan et contient un azote entièrement organique, qui se libère sur trois mois. Il convient à la treille de maison comme à la vigne palissée.
| Moment | Dose | Geste |
|---|---|---|
| Plantation (automne ou fin d’hiver, hors gel) | 50 g par cep | Mêlez à la terre de rebouchage, sans contact avec les racines |
| Débourrement à début de floraison | 100 g par cep | Épandez en couronne autour du pied, griffez, arrosez |
| Véraison (les baies changent de couleur) | 50 g par cep | Second apport, pour une vigne chargée |
| Vigne en pot ou en bac | 5 g par litre de terreau | Au rempotage, puis chaque printemps en surface |
L’apport du printemps est le principal. Il construit les grappes de l’année. Celui de la véraison accompagne la montée en sucre et l’aoûtement : réservez-le aux ceps qui portent beaucoup. Sur un rang enherbé, écartez l’herbe pour mettre les granulés au contact de la terre.
Treille, vigne de table, vigne en pot
Une vieille treille adossée à un mur, dont les racines courent sous la terrasse, trouve souvent seule ce qu’il lui faut. Un apport au printemps, un an sur deux, lui suffit si elle pousse bien.
Une jeune vigne de table en production régulière reçoit l’apport de printemps chaque année. En grand bac, le substrat s’épuise en une à deux saisons : l’apport annuel en surface, suivi d’un arrosage, remplace un rempotage difficile sur un pied palissé.
Compost, fumier et potasse d’appoint
À l’automne, deux à trois pelletées de compost mûr au pied de chaque cep entretiennent le sol. Le fumier ne s’emploie que composté et avec retenue : il apporte de l’azote, dont la vigne a peu besoin.
En sol léger, quand le feuillage se borde de brun en été malgré les arrosages, la potasse manque. Le sulfate de potassium au magnésium la corrige sans azote : sa fiche indique 30 à 40 g par mètre carré pour la vigne. La cendre de bois joue un rôle voisin, à deux poignées par mètre carré, sauf en terre calcaire. Son emploi est précisé dans cendre de bois au jardin.
Feuilles qui jaunissent : magnésium ou fer ?
Deux carences donnent des feuilles jaunes sur la vigne. Elles ne se ressemblent pas et ne se corrigent pas de la même façon.
| Symptôme | Cause probable | Correction |
|---|---|---|
| Vieilles feuilles du bas jaunes (ou rouges sur cépages noirs) entre des nervures restées vertes, en été | Manque de magnésium | Sel d’Epsom en arrosage ou en pulvérisation |
| Jeunes feuilles du haut jaune pâle, nervures vertes, au printemps, en sol calcaire | Chlorose ferrique : le fer du sol est bloqué par le calcaire | Fer chélaté en arrosage ou sur le feuillage |
Le sel d’Epsom se dissout à raison de 5 à 7 g par litre d’eau, à appliquer le matin ou le soir, hors des fortes chaleurs. Le rôle de cet élément est expliqué dans notre guide du magnésium.
Le fer chélaté s’emploie à 10 à 20 ml par litre en arrosage au pied, ou à 1,5 à 3 ml par litre en pulvérisation sur le feuillage. Il reste assimilable en sol calcaire. Pour savoir si votre terre est en cause, mesurez-la : la méthode est décrite dans le pH du sol.
Les engrais naturels : purin d’ortie, purin de consoude
Le purin d’ortie est riche en azote. Il n’a d’intérêt que sur une jeune vigne qui peine à s’installer, en arrosage au printemps. Sur une vigne adulte, il entretient un excès de vigueur. Les dilutions sont données dans dosage du purin d’ortie.
Le purin de consoude, plus riche en potasse, convient mieux à la vigne en production. Il s’apporte dilué, en arrosage, de la floraison à la véraison.
En résumé
Nourrissez la vigne avec mesure : un engrais riche en potasse au débourrement, un complément à la véraison pour les ceps chargés, du compost à l’automne. Observez la vigueur avant d’ajouter de l’azote, et identifiez la carence avant de corriger un jaunissement. Les autres cultures fruitières sont traitées dans quel engrais pour le potager et le verger.
Questions fréquentes
Pas nécessairement. Une vigne adulte en pleine terre, qui pousse bien et donne régulièrement, peut se contenter d’un apport un an sur deux et de compost à l’automne. En revanche, une jeune vigne, une vigne en pot ou un cep qui produit beaucoup chaque année ont besoin d’un apport annuel au printemps.
Au débourrement, quand les bourgeons éclatent, en mars ou en avril selon la région. C’est l’apport principal. Un second, plus léger, est possible à la véraison, en juillet ou en août, quand les baies changent de couleur. Après cette date, n’apportez plus rien : les sarments doivent mûrir avant l’hiver.
C’est le signe d’un excès de vigueur, entretenu par trop d’azote, un sol très riche ou une taille trop courte. Les fleurs coulent, c’est-à-dire qu’elles tombent sans former de baies. Supprimez le fumier et les engrais azotés, apportez seulement de la potasse, et laissez davantage de bourgeons à la taille d’hiver.
Un engrais organique riche en potasse, dosé au volume du bac : 5 g par litre de terreau au rempotage, puis le même apport griffé en surface chaque printemps. Le substrat d’un bac s’épuise en une à deux saisons. Arrosez après l’apport, et surveillez le jaunissement des feuilles, plus fréquent en pot qu’en pleine terre.

