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recette du thé de compost : fûts en plastique utilisés pour la préparation

Recette du thé de compost oxygéné : ingrédients, doses, brassage

Table des matières

La recette du thé de compost oxygéné tient en quatre ingrédients : une eau sans chlore, un compost mûr à raison de 20 à 80 g par litre, un peu de mélasse et de l’air en continu pendant 24 à 48 heures, à 20 °C environ. Les doses ci-dessous sont données pour 100 et 1 000 litres, avec les compléments possibles et l’ordre des opérations.

Les ingrédients de la recette du thé de compost

L’eau

Le chlore freine le développement des micro-organismes. Utilisez de l’eau de pluie filtrée, ou de l’eau du réseau aérée à l’avance pour laisser le chlore s’échapper. Visez 18 à 24 °C au remplissage. Sous 10 °C la nuit, Agroscope conseille un chauffage ; au-dessus de 30 °C, le brassage n’est plus recommandé.

Le compost

C’est l’ingrédient décisif : le thé ne contient que ce que le compost lui donne. Il doit être mûr, sans odeur d’ammoniac, et issu d’un compostage monté en température. Un lombricompost convient bien : sa fiche indique 25 kg pour 1 000 litres, soit 25 g par litre.

La quantité fait débat. La Société de viticulture du Jura retient 23 g par litre. Un mémoire de l’Institut Agro Montpellier a comparé, en 2022, trois proportions de lombricompost : 2, 4 et 8 %. La population microbienne augmente avec la dose, mais pas en proportion : en doublant la dose de 2 à 4 %, elle n’est multipliée que par 1,3.

La nourriture des micro-organismes

Une petite quantité de sucre lance la multiplication des bactéries. La mélasse agricole s’emploie à 1 à 2 litres pour 1 000 litres d’après sa fiche. Dans l’essai de l’Institut Agro, 0,1 % de mélasse a suffi : en mettre davantage n’a pas augmenté la population obtenue.

Forcer la dose est contre-productif. Trop nourrie, la flore consomme tout l’oxygène de la cuve, et le thé bascule en fermentation.

Les doses pour 100 et 1 000 litres

IngrédientPour 100 litresPour 1 000 litresRôle
Eau sans chlore, 18 à 24 °C100 L1 000 LMilieu de culture
Lombricompost ou compost mûr2,5 kg (2 à 8 kg selon l’objectif)25 kg (20 à 80 kg)Source des micro-organismes
Mélasse agricole100 à 200 ml1 à 2 LSucres pour les bactéries
Acides humiques et fulviques100 ml1 LFavorise les champignons
Hydrolysat de poisson200 à 500 g2 à 5 kgProtéines et acides aminés
Air40 à 60 L/min400 à 600 L/minMaintien de l’oxygène

Les trois premières lignes forment la recette de base. Les compléments sont facultatifs et se choisissent selon l’objectif. Les doses de compléments viennent des fiches de chaque produit : acides humiques et fulviques ajoutés avant l’infusion, hydrolysat de poisson à 2 à 5 g par litre.

Thé bactérien ou thé fongique : orienter la recette

La composition du thé dépend de ce que l’on donne à manger à sa flore. La fiche d’Agroscope le résume : les sucres simples donnent un thé dominé par les bactéries, les composés plus complexes une flore plus diverse, avec des champignons et des protozoaires.

  • Thé à dominante bactérienne : mélasse seule, brassage court de 24 heures. C’est la version la plus simple, souvent retenue pour le feuillage.
  • Thé plus fongique : mélasse réduite, acides humiques, protéines, brassage de 36 à 48 heures. Il vise le sol et les cultures pérennes.

Le temps joue autant que les ingrédients. Dans l’essai champenois, la concentration en bactéries a été divisée par deux entre 24 et 48 heures. Des protozoaires, visibles au microscope à 48 heures seulement, les avaient consommées. Ce thé plus pauvre en bactéries a pourtant donné, au champ, une minéralisation de l’azote plus active.

La préparation jugée la meilleure dans ce mémoire associe 8 % de lombricompost, 0,1 % de mélasse, 48 heures de brassage et une température constante de 20 °C.

Le déroulé du brassage, étape par étape

  1. Nettoyez la cuve, les tuyaux et les diffuseurs : tout dépôt d’un brassage précédent ensemence le suivant.
  2. Remplissez d’eau et lancez l’aération. Si l’eau vient du réseau, laissez-la buller avant d’ajouter le compost, ou remplissez la veille.
  3. Diluez la mélasse et les compléments dans la cuve.
  4. Placez le compost dans un sac filtrant de 400 µm environ, suspendu dans le courant de bulles.
  5. Brassez 24 à 48 heures sans interruption, à l’abri du soleil direct.
  6. Contrôlez la température et l’odeur deux fois par jour.
  7. Arrêtez l’air, laissez reposer 10 à 20 minutes, puis soutirez et filtrez.
  8. Appliquez dans les heures qui suivent.

Le dimensionnement de la pompe et le choix du sac sont décrits dans l’article sur le matériel de brassage. Le réglage de la dose par hectare est traité dans l’article utiliser le thé de compost.

Contrôler la qualité du thé

Peu de laboratoires analysent un thé de compost, et l’échantillon évolue pendant le transport. Les contrôles se font donc sur place.

  • L’aspect et l’odeur : un thé réussi a la couleur d’un thé et ne sent presque rien, sinon la terre. Une odeur aigre ou d’œuf pourri signale un manque d’oxygène.
  • L’oxygène dissous : c’est le seul contrôle chiffré accessible, avec une sonde. Le seuil est de 6 mg/l.
  • Le microscope : il permet de voir bactéries, filaments de champignons et protozoaires, après une courte formation.

Que faire d’un thé douteux, et combien de temps le garder ? Voir l’article sur la conservation du thé de compost.

En résumé

Pour 1 000 litres : 25 kg de lombricompost, 1 à 2 litres de mélasse, de l’eau sans chlore à 20 °C et 400 à 600 litres d’air par minute pendant 24 à 48 heures. Tout le reste est affaire de réglage selon l’objectif. Le principe, les effets attendus et les limites sont présentés dans le guide du thé de compost oxygéné.

Sources : Louise Grillet, « Amélioration générale des sols : fertilisation par thé de compost », mémoire d’ingénieur agronome, Institut Agro Montpellier, 2022. Agroscope, fiche Best4Soil sur le thé de compost. Société de viticulture du Jura, fiche « Le thé de compost ». Fiches des produits cités pour leurs doses.

Questions fréquentes

Comptez 2,5 kg de lombricompost pour 100 litres, soit 25 g par litre : c’est la dose de la fiche du produit, proche des 23 g par litre des fiches viticoles. Des essais sont montés jusqu’à 8 kg pour 100 litres. La population microbienne augmente alors, mais moins vite que la quantité de compost engagée.

Oui. La mélasse accélère la multiplication des bactéries, elle n’est pas indispensable à l’extraction. Les universités américaines conseillent même de s’en passer pour une culture consommée crue. Les sucres peuvent en effet faire proliférer des bactéries indésirables si le compost en contient. Sans mélasse, le thé est moins concentré mais plus sûr.

Les deux durées sont valables et ne donnent pas le même thé. À 24 heures, les bactéries sont au plus haut. À 48 heures, des protozoaires se sont développés et ont réduit leur nombre, ce qui semble stimuler la minéralisation une fois au sol. Au-delà, le risque de manquer d’oxygène augmente.

Oui, à condition d’en chasser le chlore. Laissez-la buller dans la cuve avant d’ajouter le compost, ou remplissez la veille : c’est la pratique la plus courante dans les essais publiés. L’eau de pluie filtrée reste la solution la plus simple quand l’exploitation dispose d’une réserve propre. Dans tous les cas, utilisez une eau de qualité potable.

Oui, s’il est mûr et s’il a chauffé. Un compost de fumier doit être monté à 55 °C au moins pendant trois jours pour éliminer les germes pathogènes. Il doit aussi avoir été retourné, sentir bon et ne plus chauffer. Un compost jeune ou mal aéré donne un thé instable, voire risqué pour les cultures consommées crues.

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